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31. Gaston Maspero : Les honneurs et la peine

Par Ahmosis :: 20/10/2006 à 16:34 :: 9. Les successeurs de Champollion

Gaston Maspero : Les honneurs et la peine

par Ahmosis ©

 

 

 

 

Maspero publie en 1887 l’Archéologie égyptienne, tandis que le malheureux Mustapha Shakir qui conduisait les fouilles sur l’Ile d’Eléphantine, en a été éjecté par un très loyal officier de sa gracieuse majesté. "Le général Grenfell, qui commandait à Assouan, intéressé par ce premier résultat, se substitua à M. Mustapha et fit poursuivre les travaux par les soldats égyptiens qui se trouvaient sous ses ordres." Grenfell, grâce au flair de Shakir, découvrira, par l’intermédiaire du zélé major Plunkett, une nécropole datant de la VIème dynastie.

Deux ans plus tard, Maspero suppose que le général Horemheb de la tombe de Saqqarah est le dernier pharaon de la XVIIIème dynastie, du même nom, qui aurait accédé au titre suprême sur le tard. Breasted apportera la preuve de cette affirmation en 1900.

 

 


Jacques de Morgan

 


Les fouilles de Médinet Habou, abandonnées sous Mariette, reprennent sous la direction de Georges Daressy. On dégage ainsi la première cour du temple de Ramsès III, puis la seconde, et l’ensemble sera entièrement dégagé pour être à nouveau abandonné en 1899, avec des conséquences faciles à imaginer pour les pilleurs qui se frisent les moustaches.

En  1893, Alessandro Barsanti, du bureau des Antiquités, avec la collaboration des Français de l’Institut Archéologique du Caire, découvre la tombe royale de Tell el-Amarna, sur le chantier qu’avait lancé Maspero, lequel publie l’année suivante les Inscriptions des pyramides de Saqqarah.

 

Sésostris III

 


Le 6 mars 1894, le successeur de Maspero découvre, dans le complexe funéraire de Sésostris III un coffret de bijoux portant les cartouches de ce souverain ; le lendemain, il exhume les parures de Mérit, son épouse royale. En avril de l’année suivante, il met au jour la tombe de Aouibrê-Hor 1er, d’où il extrait une statue en bois de 1,70m de ce souverain, laquelle va rejoindre le musée du Caire (JE 37134). En 1896, Jacques de Morgan découvre à Saqqarah le mastaba de Nérérouka, mais ne peut publier le résultat de ses fouilles et c’est Daressy qui doit s’en charger.  

L’année suivante, de Morgan est remercié et Victor Loret est nommé à la direction générale du service des antiquités. Le service des Antiquités et l’influence de la France ne s’en porte pas mieux, car, de l’avis de Maspero, ses successeurs se sont complus à compliquer ce qui était simple et à se rendre impopulaires aux yeux de tous, par une trop grande rigidité qui n’a abouti qu’au résultat contraire à celui qu’ils escomptaient.

 

 

Victor Loret

 


En 1899, Maspero publie Histoire ancienne des peuples d’Orient, et doit reprendre la direction du service des Antiquités. Il y retrouve une Egypte méconnaissable par certains aspects. "Le ciel est gris, des traînées de brume mélancolique flottent sur les berges, une tâche jaunâtre marque par intervalles la place où le soleil devrait briller ; est-ce bien l’Egypte, et qu’a-t-elle fait de sa lumière, depuis treize ans que je l’ai quittée ?".

Suite au déménagement du musée de Gizeh vers le Caire, dont l’inauguration officielle se fait en novembre 1903, le sarcophage de Mariette doit être à nouveau changé de place, pour rejoindre un tombeau, dans le jardin du nouveau musée, où sera dressée la fameuse statue en bronze en mars 1904. Maspero pense qu’il faudra près de cinquante ans pour emplir totalement le musée du Caire ; il ignore que se profilent de grandes découvertes, dont deux vont se charger de meubler les salles.

 


La statue de Mariette au Caire

 


A Karnak, il fait dégager le site qui est fouillé méthodiquement par Georges Legrain. "Voici vingt mois que nous pêchons la statue dans le temple de Karnak. Cela a commencé vers les derniers jours de novembre 1903, et depuis lors, il n’y a pas eu d’interruptions que le temps des vacances et les chômages des ouvriers. Sept cents monuments en pierre sont déjà sortis de l’eau, mais ce n’est pas la fin encore… c’est un peuple complet qui remonte à la lumière et qui vient réclamer un abri aux galeries de notre musée." La seconde découverte se fera sous la direction de son successeur.  
Comme le gouvernement égyptien veut construire une ligne de chemin de fer et que son tracé va passer non loin de San el-Hagar, il devient important de ramener les colossaux monuments de Tanis, de crainte de les voir servir de matériau de base à l’édification de murs et à la constitution du ballast.

Des fonds sont trouvés et Barsanti est chargé d’étudier le meilleur tracé pour les acheminer. Maspero juge que la meilleure méthode est encore une fois l’utilisation d’un chemin de fer Decauville (comme ceux qu’on voit dans les mines), facile à monter et à démonter. Ainsi sont sauvés les monuments de Pi-Ramsès.  

 

 

Entente cordiale

 

 

En 1904, l’Entente Cordiale a été signée entre la France et l’Angleterre, au terme de laquelle la première conserve toute autorité sur le Maroc et la seconde sur l’Egypte. Ce traité stipule que la direction générale des Antiquités en Egypte continuera d’être confiée, comme par le passé, à un Français. C’est dans ces conditions que Maspero, alors âgé de cinquante-huit ans, commence à songer à sa nouvelle succession qui doit échoir, par obligation, à un compatriote.

De 1898 à 1902, on va édifier le premier barrage d’Assouan et le niveau du fleuve, lors de son utilisation en 1907, doit atteindre un niveau supérieur de six mètres à celui qu’il a jusqu’ici, ce qui doit submerger une bonne partie des temples. Il faut donc renforcer les fondations de ceux-ci, afin qu’il tiennent le coup pendant les six mois où ils seront noyés.

 

 

 


Il est nécessaire, dans le même temps, de se dépêcher de recopier les inscriptions et graffitis que les eaux du Nil vont inéluctablement  effacer ou dégrader. Parallèlement, Maspero encourage la première expédition archéologique en Nubie.
En 1910, Maspero publie justement Temples immergés de la Nubie, pendant que Barsanti commence, à la demande de l’égyptologue français, les travaux pour désensabler définitivement le temple d’Abou Simbel.

 

Théodore Davis en guêtres



A cette époque la bibliothèque du musée compte près de 10 000 ouvrages contre les 600 qui la composaient à son retour aux affaires. Deux ans plus tard, alors que sont publiés Essais sur l’art égyptien et Etudes de mythologie et d’archéologie égyptiennes, Georges Daressy, pensant que tout avait été révélé, abandonne le site de Médinet Habou en 1899.  

D’un avis contraire, Maspero décide de le relancer et envoie Théodore Monroe Davis à cet effet, mais celui-ci n’y trouve que peu de choses et le site est une nouvelle fois délaissé. D’autres campagnes viendront plus tard et s’achèveront en 1970.

 

 


Pierre Lacau

 


Toujours en 1912, Pierre Lacau, très hésitant, finit par accepter la direction de l’IFAO. Le gouvernement égyptien a prolongé le temps de service de Maspero jusqu’en 1911, puis jusqu’en 1916. Mais la santé de l’égyptologue, qui jamais ne se ménage, donne quelques inquiétudes et il est victime d’alertes cardiaques.

Aussi, quitte-t-il l’Egypte définitivement, laissant la direction générale des Antiquités à Pierre Lacau. Il pressent son avenir, et se voit comme ces chevaux que les brancards de la voiture empêchent de tomber. "Le jour où je détellerai tout le poids de la fatigue s’abattra sur moi, et je vieillirai d’un seul coup tout ce que j’aurais dû vieillir graduellement."

 

 

 


Des évènements vont se charger d’aggraver son état. La guerre de 14-18 éclate, et son fils Jean, grand espoir des études byzantines se retrouve, comme beaucoup d’autres sur le front. Il est blessé. Une fois valide, il repart et est tué le 17 février 1915.

Alors qu’il a été nommé secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, le spécialiste des questions religieuses, bien que non croyant, continue d’étudier à Paris, et  il assiste à une séance le 30 juin 1916. Il s’apprête à prendre la parole, lorsqu’il prie l’assistance de l’excuser et se rassoit. Victime d’un ultime malaise, il meurt sur son banc. Sur sa tombe est gravé Ma spero (Mais j’espère).

 

 


Ma Spero

 


Maspero avait tenté de donner leur chance aux égyptologues égyptiens. Ainsi, Ahmad Kamal est sorti diplômé de la première école égyptienne d’Egyptologie. Mais les Européens, en plein empire colonial, veillent jalousement à leur mainmise en ce domaine, et tout poste lui est refusé.

Maspero va lui permettre d’obtenir une place de secrétaire-traducteur au musée de Boulaq. Dans l’école du Musée, le Français confie un cours d’égyptologie à Kamal. Enfin, celui-ci finit par obtenir le poste de conservateur du musée du Caire et, en 1923, il sera nommé directeur de la nouvelle école d’Egyptologie du Caire.

En 1908, l’Université du Caire, voulue par le prince Fouad, est créée et Maspero en est nommé membre. Le but poursuivi est le même que celui que recherchait Méhémet Ali en envoyant des étudiants en France : former les nouvelles élites intellectuelles du pays.

 

 

 


Maspero était persuadé en 1881 que d’autres caches de momies devaient exister. " je suis sur la piste d’une autre cachette du même genre… il se peut que je ne réussisse ni cette fois ni plusieurs autres. De toute façon, je sais qu’il y a là une trouvaille à faire, et je compte bien que tôt ou tard elle se fera."

Grébaut et Daressy, en 1891, au levant du temple d’Hatshepsout, trouvent un puits de onze mètres de profondeur, d’où part un couloir d’une centaine de mètres. A l’intérieur, les attendent plus de cent sarcophages avec leur momie. Il s’agit de prêtres et de leur famille. Celui qui les a guidés vers ce trésor n’est autre que Mohamed Abd el-Rassul. Victor Loret trouvera en 1898, une autre cache avec de nombreuses momies de pharaons, dont Amenhotep III.

 

 

 

Webographie :

 

 

Le Musée Egyptien Tome 1  (cliquer sur Consultation)

Le Musée Egyptien Tome 2  (cliquer sur Consultation)

Le Musée Egyptien Tome 3  (cliquer sur Consultation)

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 1, format PDF

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 2, format PDF

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 3, format PDF

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 4, format PDF

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 5, format PDF

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 6, format PDF

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 7, format PDF

Etude de Mythologie et d’Archéologie Egyptiennes Tome 8, format PDF

Le Musée Egyptien

Histoire des peuples de l’Orient, format PDF

L’archéologie Egyptienne, format PDF

Les contes populaires de l’Egypte ancienne, PDF

Les inscriptions des pyramides de Saqqarah, PDF

Ruines et paysages d’Egypte, PDF

 

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